Fév 162015
 
Ne cherchez pas une route qui mène à Iquitos…. il n’en existe pas! Cette ville est comme une île au milieu de la forêt équatoriale, reliée au reste du pays par son aéroport, ou à d’autres villes de l’Amazonie par les nombreux fleuves qui l’entourent. Son histoire est liée à l’industrie du caoutchouc qui a permis son essor à la fin du XIXème siècle avant de décliner. Le film « Fitzcarraldo » avec Klaus Kinsky – disponible en version complète sur Youtube (cliquez ici) – retrace la vie du personnage éponyme qui a marqué cette époque. On notera particulièrement la scène où le protagoniste monte sur le clocher de la cathédrale qui domine la plaza de armas. Autre témoignage de cette époque, parmi les rares monuments notables de la ville figure la “Casa de fierro” (la maison de fer). C’est un bâtiment métallique conçu par Gustave Eiffel lui-même pour l’exposition universelle de Paris en 1889, a été acheté en Europe par un associé de Fitzcarrald puis réassemblé à Iquitos (plus d’infos ici).La ville est aujourd’hui encore animée et active dans différentes industries d’exploitation naturelle (bois, pétrole, fruits, …). C’est aussi le point d’ancrage de nombreux circuits touristiques (« tours ») exploitant des structures hotellières (« lodges ») en bordure du fleuve ou en plein forêt. Le centre-ville est bordé par le fleuve Itaya et le grand fleuve Amazone se situe à seulement quelques kilomètres.
Le site le plus spectaculaire de la ville est sans aucun doute le quartier de Belen et son marché flottant, inondé par saison de pluie.
Dans sa partie haute c’est un marché immense où l’on trouve des quantités impressionnantes de nourriture fraîche. Des tonnes de bananes, de mangues, de noix de coco, des centaines de volailles et poissons s’y écoulent chaque jour. Il y a aussi des denrées plus exotiques comme la tortue, le lagarto (crocodile), les chenilles préparées en brochette,… Les touristes y achètent le plus souvent des cigares et cigarettes de feuilles de coca, des herbes médicinales, des alcools aux propriétés douteuses (ex: le rompe-calzon, traduction: casse-slip), ou des têtes de singe empaillées.
Dans sa partie basse, par saison de pluie si vous empruntez une pirogue c’est un des plus grands quartiers inondés au monde qui se dévoile à vous. Bien-sûr c’est la misère dans laquelle cette population vit qui surprend en premier. On craint à chaque instant que le bébé qu’on voit jouer sur sa terrasse n’échappe à l’attention de sa mère occupée à laver le linge dans le fleuve et s’y noie en une fraction de seconde. Mais les rires des enfants qui jouent dans l’eau au pied des pilotis de leur maison montre que la vie est y malgré tout joyeuse. Les habitants se sont habitués à cette précarité liée à la montée des eaux. On y trouve même une discothèque flottante dont on raconte que lorsqu’elle se remplit au milieu de la nuit les gens dansent avec de l’eau jusqu’aux genoux!